Si « Octobre rose » se termine d’ici quelques jours, il n’en reste pas moins un combat, une empathie, une attention particulière, des gestes et des mots encourageants à maintenir envers tous ceux qui se battent contre le cancer.
Le mois passé, une vaste opération médiatique, réel événement caritatif s’est tenu(e) au cœur de Bruxelles (et périphérie) et du magazine Paris Match via la participation d’une vingtaine de restaurants solidaires de la Capitale. Pour ce faire, nous avons collaboré avec l’Association Jules Bordet et avons sorti une édition spéciale de Paris Match, via un carnet intitulé : « 101 Tables pour la vie ».
Ces restaurants n’étant autres que : Bois Savanes (Uccle et Etterbeek), Bottega Italiana (Herent), Brasserie de la Gare (Berchem-Sainte-Agathe), Brasserie de la Patinoire (Bxls), Brugmann Restaurant (Forest), Cantina Italiana (Tervuren), Fico Osteria (Ixelles), L’Ascoli (Zaventem), La Belle Maraîchère (Bxls), La Branche d’Olivier (Uccle), La Paix David Martin (Bxls), La Rose Blanche (Bxls), Le Chalet de la Forêt (Uccle), Le Passage (Uccle), Maison Vincent (Bxls), Mercato (Zaventem), Miss Rose (Bxls), Le Rallye des Autos (Uccle), Senzanome (Bxls), Strofilia (Bxls), The 1040 (Etterbeek), Toucan Brasserie (Ixelles).
Envie d’en savoir plus sur ces belles enseignes solidaires ? De vous y attabler ? Alors, à vous de retrouver leur présentation sur ce blog, par ailleurs (volet « Chefs & Restaurants»).
Outre la présentation/participation rédactionnelle des restaurants solidaires de l’opération, voici, ci-dessous, l’interview du Chef Yves Mattagne, brillant ambassadeur de l’événement entouré de ses fidèles collègues/comparses que sont : la cheffe française, Ghislaine Arabian, le chef-propriétaire du Senzanome (qui ferme bientôt ses portes) Giovanni Bruno (qui, quant à lui, ouvre tout prochainement sa nouvelle trattoria, « Gio ») et pour la première fois, cette année, le chef de La Paix, David Martin (récemment installé au cœur de l’Hôtel Corinthia).
Article-interview paru dans « 101 tables pour la vie » – Edition spéciale de Paris Match (Belgique) – 24.09.26 :
Yves Mattagne
La Gastronomie, une affaire de cœur et de solidarité
Fidélité, générosité et haute cuisine : trois mots qui résument l’engagement indéfectible d’Yves Mattagne auprès de l’Association Jules Bordet. Pour cette 22e édition de l’événement caritatif « 101 tables pour la vie ». Pour Paris Match, le chef a répondu préent une fois encore, ouvrant les coulisses d’une journée hors du commun. Entouré de complices prestifieux – Ghislaine Arabian, Giovanni Bruno et, pour la première fois, David Martin -, il met son talent et sa passion au service d’une cause essentielle.
Par Joëlle Rochette
S’il se prénomme Yves, la constance et la fidélité pourraient être ses seconds prénoms tant ces valeurs lui sont indissociables. Pour preuve, malgré son emploi du temps très chargé désormais au « Botanic Sanctuary Antwerp », il signe le Menu du déjeuner des malades de l’Hôpital Jules Bordet de ce 23 septembre. Menu servi par lui-même accompagné de ses brillants complices du jour. Quant au soir, le menu du gala organisé pour les mécènes à Bozar, sera articulé autour des préparations « signature » de chacun des chefs participant à cet incontournable événement caritatif.
D’année en année, votre engagement, tant moral que physique, ne faiblit pas. Pourtant, à chaque fois, vous nous dites combien la charge émotionnelle est intense lors de la distribution des repas aux malades de Bordet. Comment faites-vous pour maintenir votre motivation, celles des autres chefs ou simplement ne pas « craquer » face au malheur frappant ceux qui pourraient être n’importe lequel d’entre vous/nous ?
C’est une journée très émotionnelle qui demande beaucoup d’énergie, morale et physique, mais qui fait réfléchir et penser autrement la maladie, le malade, l’hospitalisation. Il est vrai que chacun de nous pourrait être à leur place ou même l’un de nos proches. Ceci est une première évidence qui engendre l’empathie. Les rencontres avec les malades sont très intenses et leur sourire, la joie qu’ils ont à nous rencontrer, à découvrir le menu conçu spécialement pour eux, est la plus belle des motivations. Nous faisons la rencontre de personnes formidables.
Vous souvenez-vous de rencontres en particulier ?
Une année, j’ai fait une rencontre très touchante. C’était avec un jeune homme de 27 ans, déjà en couple et père d’un petit enfant, qui était alors hospitalisé à Bordet. J’ai été le voir et son histoire m’a beaucoup touché. Cela a été un vrai coup de cœur humain. Je l’ai invité à venir manger dans mon restaurant avec son épouse dès sa guérison. J’en garde un très bon souvenir.
Parfois, il y a même des patients autorisés à sortir de l’hôpital la veille de notre visite mais qui demandent à rester un jour de plus pour pouvoir découvrir le repas que nous apportons. C’est ainsi que, face à la chaleur humaine, aux retours positifs de cet événement, nous essayons que chaque malade puisse inviter son partenaire à venir déjeuner avec lui ce jour-là. Mes trois collègues chefs, comme tout le personnel de l’hôpital, sont toujours aussi émus que moi de vivre ces moments si riches en échanges et si forts en émotion.
Vous parlez de la présence des grands chefs que sont aussi Ghislaine Arabian, Giovanni Bruno et, cette année, David Martin. Comment organisez-vous cette opération partagée, le midi à l’hôpital mais aussi le soir, à Bozar ?
Pour le midi et le menu que nous servons tous les quatre à l’hôpital, c’est moi qui l’imagine. Ceci en tenant compte de contraintes alimentaires bien plus délicates que dans un restaurant. Certains malades ont des interdictions, d’autres des incompatibilités alimentaires avec leur traitement, etc. Je me base, bien sûr, sur l’avis et les consignes précises des médecins pour créer ce repas le plus goûteux possible ! Cette année, le menu est composé d’Anguille fumée, foie gras, chutney de pomme, piment d’Espelette et brioche. D’une pintade fermière, pistache, chicon confit, champignons des bois, vin jaune, jus d’oignons doux des Cévennes. Et en dessert, de Chocolat praliné, cacahuète, crème glacée Caraïbe, Amaretto. Chaque année, Damien Audusseau, l’un de mes anciens seconds, met en pratique, avec l’équipe de « Choux de Bruxelles », la préparation du menu de l’hôpital ainsi que celui du gala du soir.
Pour le dîner à Bzar, chacun des 4 chefs créée un des quatre services. Nous invitons des groupes d’une quinzaine de convives à venir cuisiner avec nous à tour de rôle, et tous s’amusent beaucoup de cette soirée insolite dédiée à la « bonne cause » !
David Martin, la cerise sur le gâteau de cette 22e édition : véritable Guest star ou chef solidaire incontournable ?
Cette année, notre équipe a été revue car Pascal Devalkeneer, qui nous suivait depuis pas mal d’années et que je remercie pour ce long engagement solidaire, était pris par les importants travaux du Chalet de la Forêt. Il ne pouvait donc pas être des nôtres. David Martin, qui est aussi à Bruxelles et qui vient de déménager son restaurant La Paix** au cœur de l’Hôtel Corinthia, a tout de suite dit oui quand nous lui avons proposé de nous rejoindre. Et, vous vous en doutez, nous en sommes tous des plus réjouis !
David Martin, chef doublement étoilé (La Paix – Hôtel Corinthia) rejoint l’équipe d’Yves Mattagne pour les « 101 tables pour la vie »
J’ai été très honoré d’être invité à rejoindre l’équipe d’Yves Mattagne. Tout engagement pour une « bonne cause » est très personnel. Je n’aime pas communiquer sur ce type de chose. Je préfère être invisible et rester dans l’ombre. Mais ici, si ma notoriété peut jouer un rôle, c’est bien volontiers que je la partage avec mes collègues. Et si je m’engage c’est que les organisateurs sont fiables et intègres, et que les résultats obtenus sont, d’année en année, plus impressionnants. Je suis fier de pouvoir partager des valeurs humaines qui me sont chères et je suis très impatient de cette « première » à l’Hôpital Bordet !
Les chefs-ambassadeurs 2026 – Paris Match Belgique – 24.09.26
Ghislaine Arabian
Première femme chef deux étoiles en France. Ancienne jurée de Top Chef. Ancienne propriétaire du restaurant Les Petites Sorcières à Paris. Investie et fidèle de longue date aux « 101 tables pour la vie ».
Giovanni Bruno
Gardien de la tradition, le titre qui lui a été décerné par le célèbre guide italien Gambero Rosso, ce chef d’origine sicilienne revisite avec succès les grands classiques de la gourmandise transalpine.
David Martin
Pour la première fois, il rejoint l’équipe des Chefs complices d’Yves Mattagne. Membre des Grandes Tables du Monde, cet automne, il vient d’installer « La Paix », son restaurant doublement étoilé, au cœur du prestigieux Corinthia Grand Hotel Astoria Brussels.
Article-interview paru dans l’édition spéciale de Paris Match – 24.09.26
Auteur : Joëlle Rochette





